Reconduit à la tête du gouvernement après la réélection d’Alpha Condé, le Premier ministre guinéen défend bec et ongles sa feuille de route. Et tend la main à l’opposition, qu’il doit rencontrer dans le cadre du dialogue national.
Sa reconduction à la tête du gouvernement était un secret de polichinelle. À 67 ans, cet économiste de formation, spécialiste du management de projets et d’ingénierie financière et sociale, est considéré comme un réformateur. Ancien ministre du Budget, puis des Finances de Lansana Conté, candidat malheureux à la présidentielle de 2010 (0,66 % des voix), il soutient Alpha Condé au second tour du scrutin, mais bascule un temps dans l’opposition, avant de se rapprocher à nouveau de la majorité et de devenir ministre d’État à la présidence chargé des Investissements et des Partenariats public-privé en 2014.
Nommé Premier
ministre en mai 2018, alors que son
mouvement politique, Guinée pour tous (GPT), s’était fondu dans le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG Arc-en-Ciel, au
pouvoir), Ibrahima Kassory Fofana a porté à bout de bras le projet de révision de la loi fondamentale engagé en 2019.
Chargé des consultations en vue de l’organisation du référendum sur la
Constitution, il sera impliqué tout au long de la campagne pour les scrutins référendaire et législatif de mars
2020, puis pour la
présidentielle du 18 octobre. Un engagement qui explique en partie son maintien
à la tête du gouvernement.
Pourtant, Ibrahima Kassory Fofana
l’assure : il ne compte pas rester éternellement à la primature. « J’ai un contrat de deux ans
avec le président. Après ça, j’irai planter mes choux
ailleurs », a-t-il déclaré après sa reconduction. Renouvelant sa loyauté au chef de l’État, il préfère cependant ne pas évoquer d’éventuelles ambitions présidentielles. D’autant qu’en ce début de quinquennat, il a fort à faire en tant que chef
du gouvernement. Dans sa déclaration de politique générale du 7 avril dernier, approuvée par 108 députés sur 114, il a
défendu la « résilience » de l’économie guinéenne et développé son programme social. Le Premier ministre sait que les attentes de la population sont à la hauteur des potentialités inexploitées de la Guinée, immenses, et que la majorité n’a pas le droit à l’erreur. À charge pour lui de diriger le dialogue national. L’occasion de tendre la
main à ses adversaires, au sortir d’une année électorale explosive. Et le seul moyen, assure-t-il, de sortir le pays de l’extrême
pauvreté.
Jeune Afrique : Quelle est la priorité de votre nouveau gouvernement pour répondre aux demandes de développement de la
population ?
Ibrahima Kassory Fofana : C’est d’arriver à sortir ce...
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Le 9 mai 2021